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Arrivée des Augustines en Nouvelle-France

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Premier hôpital en 1639 (Hôtel-Dieu de Québec)

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Actualités

25e anniversaire de la béatification de Marie-Catherine de Saint-Augustin
Une messe a été célébrée le 8 mai 2014 à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec à cette occasion.

 

NOS ORIGINES

NOS ORIGINES

La Nouvelle-France, ce grand pays encore en friche, mais débordant de richesses naturelles attire surtout des commerçants qui en exploitent les ressources marines, la faune et les forêts.

Quelques essais de colonisation sans lendemain ont précédé l'établissement de Champlain, en 1608, à Québec. Trente ans plus tard la colonie compte une centaine d'habitants peuplant la Nouvelle-France.

En France
Mais comment expliquer que des religieuses abandonnent leur pays en vue de fonder un hôpital dans cette colonie lointaine, habitée surtout par des peuplades indiennes et païennesses?

En France, le Concile de Trente et la Contre-Réforme ont été à l'origine d'un puissant mouvement missionnaire que le roi n'a finalement qu'entériné. L'œuvre missionnaire sera désormais présentée à côté des entreprises politiques de la métropole.

L'effort d'évangélisation entrepris par les Jésuites au Canada, en 1625, déborde rapidement leurs moyens d'action; ils s'en rendent compte, très tôt. C'est ainsi qu'ils peuvent difficilement s'occuper de l'éducation des jeunes filles et des femmes, et du soin des malades. Ces œuvres de miséricorde sont traditionnellement confiées à des femmes. Dans les Relations qu'ils envoient en France, les Jésuites appuient fortement et avec insistance sur ces besoins urgents, avec l'espoir de mobiliser quelques « filles séculières » vaillantes et résolues devant la tâche à accomplir. Ces appels, soutenus par les habitants les plus en vue de la colonie, finissent par trouver « bon entendeur ». Mais, à la grande surprise des promoteurs, c'est la France monastique qui répond!

Après bien des démarches, le projet d'un Hôtel-Dieu prend corps en Nouvelle-France. La duchesse d'Aiguillon, toujours disposée à prêter son concours pour l'accomplissement des œuvres de bienfaisance qu'on lui soumet, s'engage à fournir les fonds nécessaires à l'établissement de cet hôpital. Forte de l'acceptation des Augustines hospitalières de Dieppe, elle leur confie l'administration de cette maison tant souhaitée. Elle passe le contrat de fondation, le 16 août 1637. Le 16 avril 1639, Louis XIII ratifie le contrat et fonde par charte royale, l'Hôtel-Dieu du Précieux-Sang, premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique.

En route
C'est le 4 mai 1639, à bord du Saint-Joseph, que les fondatrices quittent la France pour leur nouvelle patrie.

C'est une aventure héroïque que d'affronter les dangers de la mer sur ce petit vaisseau : la longueur du voyage, les récifs, les pirates, les icebergs. Et que dire de l'hygiène? Les maladies infectieuses font leur apparition durant la plupart des traversées. Ce qui ne manque pas d'arriver encore cette fois!

Après un voyage de trois mois, au cours duquel le petit navire faillit périr plusieurs fois, les religieuses foulent enfin le sol de Québec en ce beau matin du 1er août 1639.

Trois Ursulines, dont Mère Marie de l'Incarnation, accompagnée de madame de la Peltrie, leur bienfaitrice, trois servantes, sans oublier six Jésuites et quelques autres personnes mettent pied à terre en ce même jour. C'est l'allégresse générale.

M. de Montmagny, alors gouverneur de la Nouvelle-France, les accueille avec beaucoup d'honneur. Les accents du TE DEUM et les salves d'artillerie proclament avec entrain la joie du « petit paradis » qui les attend.

Les débuts
Avec peine et misère, les trois Augustines organisent leur vie et se mettent hardiment à la tâche. Les malades, tant indigènes que français, bénéficient de leur dévouement. Dès le premier hiver, le froid et la faim les incommodent beaucoup. Une épidémie de variole éclate et prend des proportions alarmantes, d'autant plus que les Indiens ignorent les précautions à prendre pour éviter la contagion. Les provisions de bandages et de pansements s'épuisent et elles sont contraintes à prendre leur propre linge; bandeaux, guimpes, etc, pour couvrir les plaies.

Jour et nuit sur la brèche, leur santé flanche. Les religieuses paient le tribut de la maladie, mais leur zèle ne tarit pas. Quelques personnes dévouées leur prêtent secours en ce mauvais pas, et même les pères Jésuites apportent leur secours dans l'assistance des pauvres malheureux.

Les autochtones apprécient grandement le labeur des Augustines et leur empressement à apprendre leur langue, pour les mieux servir. Nous trouvons de nombreux témoignages du rôle joué par les Hospitalières auprès d'eux. Quelques petites huronnes furent adoptées par les religieuses; l'une d'elles, Genevieve Shannudharoi prit l'habit religieux en 1647 et mourut peu de temps après avoir prononcé ses vœux.