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..suite de Nos origines

Après un voyage de trois mois, au cours duquel le petit navire faillit périr plusieurs fois, elles foulent enfin le sol de Québec en ce beau matin du 1er août 1639.

Trois Ursulines, dont Mère Marie de l'Incarnation, accompagnée de madame de la Peltrie, leur bienfaitrice, trois servantes, sans oublier six Jésuites et quelques autres personnes mettent pied à terre en ce même jour. C'est l'allégresse générale.

M. de Montmagny, alors gouverneur de la Nouvelle-France, les accueille avec beaucoup d'honneur. Les accents du TE DEUM et les salves d'artillerie proclament avec entrain la joie du « petit paradis » qui les attend.

Les débuts
Avec peine et misère, les trois Augustines organisent leur vie et se mettent hardiment à la tâche. Les malades, tant indigènes que français, bénéficient de leur dévouement. Dès le premier hiver, le froid et la faim les incommodent beaucoup. Une épidémie de variole éclate et prend des proportions alarmantes, d'autant plus que les Indiens ignorent les précautions à prendre pour éviter la contagion. Les provisions de bandages et de pansements s'épuisent et elles sont contraintes à prendre leur propre linge; bandeaux, guimpes, etc, pour couvrir les plaies.

Jour et nuit sur la brèche, leur santé flanche. Elles paient le tribut de la maladie, mais leur zèle ne tarit pas. Quelques personnes dévouées leur prêtent secours en ce mauvais pas, et même les pères Jésuites apportent leur secours dans l'assistance des pauvres malheureux.

Les autochtones apprécient grandement le labeur des religieuses et leur empressement à apprendre leur langue, pour les mieux servir. Nous trouvons de nombreux témoignages du rôle joué par les Hospitalières auprès d'eux. Quelques petites huronnes furent adoptées par les Hospitalières; l'une d'elles, Genevieve Shannudharoi prit l'habit religieux en 1647 et mourut peu de temps après avoir prononcé ses vœux.

Marie-Catherine de Saint-Augustin
L'œuvre hospitalière comptait déjà neuf ans quand Marie-Catherine de Saint-Augustin joignit les rangs des pionnières. Elle avait alors 16 ans. Son zèle intarissable au pays des croix dura vingt ans. Elle décède le 8 mai 1668, en réputation de sainteté, sa vie, toute simple, cachait une âme comblée de grâces extraordinaires. Elle fut regrettée de toute la population de Québec. On la compte parmi les Fondateurs de l'Église canadienne.